Description
Le Broussonetia papyrifera porte de nombreux noms communs tels que mûrier de Chine, mûrier d’Espagne, mûrier à papier ou encore arbre aux cerfs. Des noms déclinés dans de multiples langues, aussi nombreux que les régions du monde qui ont accueilli ce grand voyageur venu d’Asie.Ses grandes feuilles lobées, de forme variable, nous rappellent qu’il est apparenté à la fois au figuier et à nos mûriers à soie. Les arbres femelles portent des inflorescences globuleuses en forme de pompons rouge clair, qui donneront des fruits comestibles après pollinisation par un sujet mâle. Il s’agit d’un petit arbre caduc d’allure tropicale, mais d’une grande robustesse.Ses dimensions sont facilement maîtrisées par la taille des jeunes tiges, ce qui permet de l’installer en région froide dans un grand pot sur la terrasse ou dans un massif d’arbustes.
Le mûrier de Chine appartient à la famille des moracées, tout comme nos mûriers noir (Morus nigra) et blanc (Morus alba) et produit dans ses tissus un latex, comme tous les membres de sa famille. Originaire des régions tempérées et subtropicales d’Asie du Sud-est, en particulier de Chine, du Japon et de Polynésie, il a longtemps fait l’objet d’une culture spécifique pour la production d’un papier de haute qualité dans ses contrées d’origine. Ce petit arbre au port étalé et irrégulier possède une souche légèrement drageonnante, capable de produire des rejets. Il pousse souvent sur plusieurs tiges, chacune supportant une couronne étalée en parasol. Sa croissance est rapide durant les premières années, puis elle ralentit. Il peut atteindre 8-10 m en tous sens sous nos climats favorables, mais il est souvent recépé au printemps, ce qui permet de le modeler en gros arbuste ne dépassant pas 2 à 3 m en tous sens. Le Broussonetia papyrifera est une plante dioïque, c’est-à-dire qu’il existe des individus mâles distincts des individus femelles.
Un sujet femelle ne portera des fruits qu’en présence d’un autre mûrier à papier portant des fleurs mâles reconnaissables à ce qu’elles sont réunies en chatons pendants, longs de 3 à 10 cm et de couleur gris-bleu. L’écorce du mûrier à papier est de couleur gris beige, légèrement striée. Les jeunes rameaux sont pubescents, de couleur gris-vert. Les feuilles sont polymorphes, c’est-à-dire que leur aspect peut être différent selon leur position sur les rameaux. Elles sont cordiformes ou profondément lobées, en 3 à 7 lobes ayant un peu la forme d’as de pique. Rêches en surface, veloutées au revers, finement dentées en bordure, elles mesurent 7 à 20 cm en tous sens. La couleur du feuillage est un vert foncé, puis il se colore d’un jaune chaud et profond avant de tomber en automne. La floraison a lieu en mai-juin. Sur les plantes femelles, elle est constituée d’inflorescences globuleuses composées de minuscules fleurs vertes devenant rouges. Lorsqu’elles sont pollinisées, elles produisent en été des fruits ronds de 2 à 3 cm de diamètre, de couleur rouge orangé, comestibles, juteux et sucrés, mais fragiles. Ils font le régal des humains, mais aussi des oiseaux qui contribuent à disperser l’arbre en climat favorable. Son système racinaire, à la fois pivotant et traçant, apprécie peu les transplantations. Sa puissance implique qu’on le plantera à une distance respectable des constructions.
Le Morus papyrifera est capable de repartir de souche au-dessous de -12 °C. Il est peu exigeant sur la nature du sol, et tolère parfaitement la présence de calcaire, ainsi que les terrains pauvres et sableux. Il s’agit d’un excellent arbuste de pleine terre pour les jardins secs, méditerranéens ou atlantiques doux. En bord de mer, on évitera cependant de le planter en prise directe avec les embruns. Il supporte bien la pollution, ce qui permet de l’adopter dans les petits jardins urbains, mieux protégés des gelées sévères. Traditionnellement utilisé en isolé pour la beauté de son feuillage, on peut aussi le planter dans un grand bac sur une terrasse bien abritée. Il est également utile sur des talus pour lutter contre l’érosion des sols. Dans un grand massif exotique, on l’associera par exemple au Tetrapanax papyrifera, bananiers, Beschorneria yuccoides, Melianthus major, Chamaerops humilis, Cordylines, Agaves ou Yuccas. Plante architecturale et de structure, il peut aussi signaler une allée ou marquer l’entrée de la maison.






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