Description
Le Phillyrea latifolia, également appelé Filaire à feuilles larges ou encore Filaria, est un arbrisseau ou petit arbre persistant apparenté à l’olivier bien connu des arpenteurs de collines dans le Midi. C’est un proche parent du Phillyrea angustifolia, dont il se distingue par un développement plus important et des feuilles plus grandes et plus larges. On trouve difficilement plus robuste et moins exigeant que cet arbuste vêtu de feuilles coriaces et dentées d’un vert foncé lorsqu’il s’agit d’apporter un peu de luxuriance, avec des lentisques, des chênes verts et des troènes, dans une zone un peu négligée du jardin sec. Il se fait tout de même remarquer au printemps, par le parfum de ses petites fleurs blanc-verdâtre assez insignifiantes, suivies de baies qui ressemblent à de petites olives, mais ne sont pas comestibles.
Le Filaria est un arbuste persistant de la famille des oléacées, également apparenté aux Osmanthus, originaire du bassin méditerranéen et du Moyen-Orient. En France, on le trouve dans les sous-bois qui couvrent les collines rocailleuses, souvent associé au chêne vert, ancré dans les rochers, mais ne dédaignant pas les sols argileux et asphyxiants. Comme lui, il remonte plus au nord jusqu’aux départements du Sud-ouest, par exemple dans le Lot en situation abritée. Une fois bien établi, il supportera de courtes gelées de l’ordre de -12/-15°C.
Le Phillyrea latifolia forme naturellement un petit arbre à tronc unique et assez court, prenant des allures torturées avec l’âge, dont la couronne très fournie est étalée. Dans la nature, il atteint fréquemment 6m de hauteur pour 3.50 m d’envergure. Sa croissance est assez lente en sol pauvre, un peu plus rapide en sol profond et plus fertile. Il porte des feuilles de deux types : les inférieures sont assez grandes, ovales, coriaces, à bord plutôt lisse et d’un vert foncé brillant. Les feuilles situées plus haut sur les rameaux sont plus étroites, finement dentées en bordure et traversées par une nervure saillante. La floraison, peu visible, a lieu de mars à mai. Les fleurs ne dépassent pas 1 cm et sont d’un blanc-crème un peu verdâtre. Réunies en petits bouquets à l’aisselle des feuilles, elles sont légèrement parfumées et mellifères. La floraison est suivie par la formation de fruits appelés des drupes renfermant un noyau, qui font le régal des oiseaux. Elles prennent une teinte aubergine à maturité en automne. Ce petit arbre peut vivre de nombreuses années en sol pauvre et sec, prenant avec le temps un port qui n’est pas sans rappeler celui de l’Olivier, ou bien un port en drapeau lorsqu’il est battu par le vent en front de mer.
Vraiment facile de culture, les Filarias ne redoutent que les hivers très froids, en particulier lorsqu’ils sont jeunes. Comme il ne redoute pas les embruns, on l’adoptera sans réserve en bord de mer. À l’image du Pistacia lentiscus, du laurier-tin, des arbousiers, des myrtes et du Rhamnus alaternus, il est parfait pour constituer la structure persistante du jardin et supporte même l’ombre et la concurrence racinaire. Dans une haie libre, on pourra aussi l’associer à des cotinus, des fusains caducs aux superbes couleurs automnales. Son feuillage sombre et riche crée des contrastes intéressants avec des arbustes à feuillages gris (Grandes armoises, Buddleia Silver Anniversary, saule des coyotes), bleutés (Eucalyptus gunii), jaunes (Févier d’Amérique Sunburst) ou même le feuillage panaché de rose du Saule crevette (en sol plus frais). Cultivez également ce filaria en sous-bois, et installez à son pied des Phlomis samia, acanthes, Bupleurum fruticosum, ou Choisya ternata.






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