Description
Le Stewartia rostrata est sans doute l’espèce la plus confidentielle au sein de ce genre d’arbres et d’arbustes apparentés aux camélias. Paradoxalement, ce petit arbre chinois rompu aux climats froids est l’un des moins exigeants en matière de sol, sa floraison estivale est plus abondante et plus colorée que celle des autres Stewartia et il arbore de magnifiques teintes automnales. Si l’on apprécie sa floraison qui mêle boutons rose-rouge vif et fleurs en coupes délicates d’un blanc-rosé, c’est davantage en automne, paré de fruits rouges et de feuilles rutilantes qu’il devient, l’espace de quelques jours il est vrai, assez remarquable. Son développement modéré et sa croissance lente lui permettent d’entrer dans un jardin de taille modeste. Autant de raisons pour adopter ce bel arbustes
Le Stewartia rostrata, d’origine chinoise, appartient à la famille des théacées. Rapporté en Europe en 1974 par Stephen Spongberg, ce petit arbre est souvent confondu avec le Stewartia sinensis, dont il diffère par une écorce assez banale, rugueuse et d’un brun-gris. Il forme un petit arbre au port ouvert, à couronne pyramidale étalée et aérée, puis ovale avec le temps. Sa croissance est lente, il atteindra sous nos climats les plus favorables environ 8 m de hauteur pour 5 m d’envergure à maturité, mais il culminera le plus souvent à 5-6 m de hauteur pour 3-4 m d’envergure. Au printemps, les jeunes feuilles montrent une belle teinte rougeâtre. Puis elles deviennent rapidement d’un vert foncé au fini lustré jusqu’en fin d’été. Leur coloration automnale, allant du rouge vif au violacé, vire assez rapidement au brun avant la chute. Ce sont des feuilles entières, ovales à obovoïdes, épaisses et coriaces, d’aspect un peu caoutchouteux, presque lisses en bordure. La floraison de ce Stewartia a lieu en juin. Les fleurs solitaires apparaissent à l’aisselle des feuilles, presque tout le long des rameaux. De jolis boutons de couleur rose-rouge vif éclosent en coupes bien ouvertes, larges de 3 à 5 cm, composées de 5 pétales blancs plus ou moins retouchés de rose entourant un gros bouquet d’étamines jaunes. Chez ce Stewartia rostrata, les sépales épais entourant la corolle sont légèrement tordus, ce qui permet également de le différencier des autres espèces. Cette floraison, mellifère, laisse place à de très nombreux fruits superbes: ce sont des capsules portant encore les styles séchés qui forment comme une longue pointe en forme de rostre (d’où le nom de S. rostrata). Leur couleur évolue du rouge clair et vif au brun à maturité.
Arbuste réellement ornemental de climat plutôt humide, même froid en hiver, le Stewartia rostrata est beaucoup plus facile à acclimater que la plupart des camélias et même que les autres Stewartia. Il se contente d’un sol ordinaire, légèrement calcaire, neutre ou à tendance acide, restant frais. On l’installera au jardin en isolé, ou associé avec d’autres plantes de terre non calcaire (Rhododendron, azalées, Hydrangea, Hamamelis) dans une haie fleurie. En terre plus ordinaire, il accompagnera aussi l’arbre aux anémones, certains magnolias caducs (Magnolia stellata, kobus) et les Fothergilla, des arbustes pleins de charmes auxquels on ne pense pas toujours. Il mérite aussi un emplacement dégagé, un peu à l’écart des autres plantes pour que l’on puisse en profiter toute l’année: à l’entrée du jardin, près de la maison, ou au détour d’une allée. Vous pouvez habiller son pied d’herbe du Japon, de fougères ou de bulbes d’automne, comme les colchiques ou les cyclamens de Naples.






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